Nous sommes tous déjà tombés malades. Il s’agit sans nul doute là de l’expression la plus banale du commun des mortels. Pourtant, même si le fait de tomber malade est une chose anodine, elle n’en est pas moins une chose importante. La maladie, et par extension l’adversité, est certainement l’un des moyens les plus sûrs et puissants pour s’élever spirituellement à travers la patience mais aussi pour prouver notre valeur, au sens moral du terme. La question posée ici est de savoir si la maladie et les difficultés de façon générale sont un mal dans l’absolu ou alors est-ce qu’il y a une bonne façon de réagir face à ces difficultés de la vie de manière à en tirer profit ?

Le récit du prophète Job/Ayyoub (paix sur lui) est sans aucun doute une source d’inspiration des plus explicites concernant cette question. Job souffrait d’une maladie très contraignante, il était accablé à un tel point que des vers se reproduisaient dans ses blessures. En plus de cette épreuve concernant sa santé, il avait perdu nombre de membres de sa famille qu’il chérissait. Le Coran parle de sa situation et surtout, de sa manière d’implorer son Seigneur dans une telle situation, à travers les passages suivants :

Et Job, quand il implora son Seigneur : «Le mal m’a touché. Mais Toi, tu es le plus miséricordieux des miséricordieux»! (Al-Anbiyâ’, 83 – Traduction de M. Hamidullah)

Nous l’exauçâmes, enlevâmes le mal qu’il avait, lui rendîmes les siens et autant qu’eux avec eux, par miséricorde de Notre part et en tant que rappel aux adorateurs. (Al-Anbiyâ’, 84 – Traduction de M. Hamidullah)

A la lecture de ces passages, nous comprenons que le prophète Job se tourne vers Dieu face à l’adversité. Il implore Sa miséricorde et s’en remet à Lui. A travers l’exemple de Job, le Coran nous indique comment réagir et à travers ses paroles, il nous rappelle que le plus Miséricordieux fait partie des noms de Dieu et que c’est cette miséricorde qu’il faut solliciter.

Dans la deuxième partie, il est d’ailleurs fait mention de la fin de la difficulté comme le résultat de la miséricorde de Dieu. Il est fait mention non seulement de la fin de la difficulté mais cette miséricorde ne s’arrête pas là puisqu’il est également fait mention d’abondance, de récupérer ce qu’on a perdu au double de sa valeur précédente. Enfin, le passage se termine en disant qu’il s’agit également là d’un rappel pour ceux qui sont face à une difficulté.

« Prendre son mal en patience » est une formule qui gagne une dimension spirituelle à travers ce récit. Puisque la patience devient la clé de la miséricorde de Dieu et qu’elle est prescrite par Lui, la patience devient littéralement un acte d’adoration. Dans la perspective de celui qui croit qu’il sera jugé pour ses actes, il est évident qu’il faut éviter, comme on fuit la peste, les mauvaises actions et qu’il faut accomplir autant que possible de bonnes actions. Dès lors que l’on comprend que la patience est une bonne action en soi, et que la difficulté est le propre de la condition humaine, chaque nouvelle difficulté devient une nouvelle opportunité d’être patient, une nouvelle opportunité de prouver notre valeur. Et puisque l’homme a été envoyé sur terre pour prouver sa valeur, en réalité, les difficultés sont le meilleur moyen d’y parvenir. C’est dans l’adversité que l’on reconnaît la valeur des gens et c’est donc dans l’adversité que l’on prouve notre propre valeur. C’est celui qui contrôle sa colère et ravale ses mauvaises paroles qui est le vrai héros et non celui qui ridiculise et bat verbalement son agresseur.

De ce point de vue, les difficultés sont un moyen de nous élever spirituellement et bien qu’il ne soit ni logique ni acceptable de demander la difficulté, elle n’en est pas moins une bénédiction une fois qu’elle nous atteint, à condition que nous y réagissions adéquatement, c’est-à-dire avec patience.